Atelier daaa ©Delphine Queme
Maison

Avant/Après : 4 mois ont suffi à métamorphoser ce trois pièces

Foire de Paris et Houzz vous font découvrir les étapes de ce projet. 

Deux trentenaires parisiens, amis de Julie et Matthieu dont nous avions relaté le réaménagement de leur deux-pièces l’an dernier sur Houzz, souhaitaient à leur tour faire l’achat de leur premier appartement. Lorsqu’ils découvrent ce trois-pièces de 71 m² à rénover, ils décident de faire appel au même architecte que leurs amis. Situé au premier étage d’un immeuble en pierres de taille du IXᵉ arrondissement, l’appartement est sombre, cloisonné de moucharabiehs coulissants qu’alourdissent encore de nombreux miroirs et une fresque naïve… Comment passer de l’ombre à la lumière ? Comment transformer un appartement daté en une bulle de design contemporain ? 

Coup d’œil

Qui vit ici : un jeune couple primo-accédant
Emplacement : Paris IXᵉ
Livraison du projet : été 2016
Durée des travaux : 4 mois
Superficie : 71 m²
Architectes d’intérieur : Atelier DAAA, Pierre Petit et ses associés Richard Guilbault et Julien Ensarguet
Budget : 100 000 euros environ (on compte généralement de 1 500 euros à 2 000 euros/m² pour une rénovation complète à Paris)
Anecdote : « Les propriétaires n’ont compris le vrai potentiel de l’appartement qu’une fois l’intérieur entièrement cassé et nettoyé. Moi, j’ai eu vraiment le coup de cœur à la première visite en raison des poutres et des changements de niveaux. Cet appartement avait des atouts charme majeurs qui n’attendaient qu’à être sublimés », se souvient Pierre Petit. 

Photos : Delphine Quême

Le salon 

AVANT

En matière de rénovation, il s’agit souvent de décloisonner l’espace, mais la problématique était différente dans cet appartement qui avait été déjà largement décloisonné. En témoigne cette photo de la pièce principale, prise au moment de l’achat. Les volumes n’ont donc presque pas été modifiés. La mission s’est davantage concentrée sur le réagencement de l’espace et sur un important travail design. Le salon d’origine disposait déjà d’éléments de charme : cheminée, parquet en chevrons et pans de bois apparents. Les architectes d’intérieur ont orienté leurs efforts sur l’éclaircissement de la pièce.

Après

La peinture ocre a été remplacée par un blanc légèrement cassé (RAL 9016) tandis que le plancher en chêne a été poncé puis vitrifié au vernis mat incolore. Cela a suffi à redonner de la clarté à ce premier étage, au point de pouvoir supprimer les multiples spots au profit d’un plafonnier plus intimiste. « Le faux plafond était existant et nous a bien aidés pour faire passer le nouveau réseau électrique de l’appartement. En revanche, nous avons laissé tels quels le chauffage central au gaz et ses radiateurs de fonte », ajoute Pierre Petit.

Côté aménagement, les propriétaires tenaient beaucoup à un confortable, mais imposant canapé d’angle : « un choix judicieux pour délimiter un coin cosy », valide Pierre. Ils ont craqué pour ce modèle bleu sarcelle acheté sur le Net. Ne trouvez-vous pas que le téléviseur est curieusement orienté par rapport au canapé ? « Nous l’avons intégré dans cette bibliothèque existante afin de dissimuler les fils. En réalité, le téléviseur de 110 centimètres de diagonale est placé sur un bras articulé qui se déplie face au canapé », décrypte l’architecte d’intérieur. Malin !

La salle à manger

AVANT

La cheminée du salon était entièrement pavée de miroirs, ce qui donnait à la pièce un air clinquant et nuisait à la lecture des volumes. Elle a été déshabillée pour retrouver son charme d’antan. « L’appartement était sans nul doute un haussmannien, mais une précédente rénovation l’avait dépouillé de ses attributs d’origine. Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour lui rendre l’authenticité du style parisien », explique Pierre.

APRÈS

Afin de rendre le coin salon plus fonctionnel lorsque le jeune couple reçoit des amis, Pierre a imaginé sous les fenêtres une banquette filante qui sert à la fois d’assises et de rangements supplémentaires. Avec son jeu de pleins et de vides, elle étire et rythme l’espace.

Question décoration, « les pans de bois nous ont donné le ton d’un leitmotiv boisé très chaleureux », décrypte Pierre. Quelques touches métalliques font quant à elles un clin d’œil à la porte d’atelier choisie pour desservir l’une des chambres. Le tapis, copie d’un boucharouette berbère, sème de la couleur et des motifs géométriques très tendance.

La salle à manger

AVANT

Côté salle à manger, l’ancien occupant des lieux avait créé cette estrade recouverte de stratifié imitation plancher, entourée de moucharabiehs coulissants. Cet ancien propriétaire, un artiste, est également l’auteur de la fresque de jungle à la Douanier Rousseau.

APRÈS

L’idée de la différenciation de l’espace au moyen d’un changement de niveau était intéressante et a été conservée. L’estrade d’environ 4 x 2,5 mètres a néanmoins été complètement restaurée.

Elle est désormais recouverte d’un plancher en chêne massif. Pour matérialiser la différence de niveau et ajouter une touche de contraste, un liseré gris est venu la festonner.

Les poutres de l’estrade ont été poncées pour retrouver du cachet.

La salle à manger a été aménagée autour d’une table en chêne accompagnée de chaises Tolix en métal, de deux chaises Muuto d’un jaune acide et éclairée par un trio de suspensions de chez Normann Copenhagen. Le cocktail du bois clair, du métal brut et des bulles de verre crée une ambiance mi-scandinave, mi-industrielle, prisée dans les appartements parisiens contemporains.

La cuisine

AVANT

Derrière l’estrade, la cuisine était placée derrière des pans de bois.

APRÈS

La cuisine n’a pas changé de place, mais comme elle est exiguë, elle a été équipée de meubles blancs pour alléger son impact visuel. Le plan en U a permis néanmoins de l’équiper comme une grande : lave-vaisselle (face à nous), four et micro-ondes, colonne de rangements et combiné réfrigérateur-congélateur. « Nous avons placé l’évier et les plaques côté fenêtre pour cuisiner “avec vue” », explique Pierre. « Côté mur, nous avons privilégié le rangement toute hauteur pour gagner de la place et nous avons traité les coins avec des étagères d’angle. » 

AVANT

Face à l’estrade, une ouverture donnait accès à une pièce de 11 m² dotée d’une salle de bains vieillotte. L’entrée peu fonctionnelle était encombrée d’un grand meuble à étagères recouvert partiellement de miroirs.

APRÈS

Les moucharabiehs qui permettaient de cloisonner cette petite pièce ont laissé place à une double porte métallique dans le style atelier. Elle a été fabriquée sur mesure par un artisan. « Jusqu’au dernier moment les propriétaires ont hésité car elle occasionnait un surcoût de 2 000 euros. C’eût été dommage de ne pas l’intégrer car elle ajoute beaucoup de cachet », estime Pierre.

APRÈS

Le meuble encombrant a disparu de l’entrée de la chambre d’amis. L’espace respire et les pans de bois qui cloisonnent à demi la salle de bains attenante sont mis en valeur. Cette pièce est elle aussi sur estrade, mais pour les besoins de l’écoulement, les architectes ont partiellement encastré la baignoire en la posant sur le sol de l’appartement. Ou comment muer une contrainte technique en atout design !

La chambre

AVANT

La chambre principale qui s’ouvre sur le salon n’échappait pas non plus au système de moucharabiehs coulissants…

APRÈS

Ils ont été remplacés par ce pan de mur gris équipé d’une double porte en galandage. « La couleur apporte du contraste et souligne ce large passage conçu pour rester ouvert la plupart du temps. Nous avons employé des portes coulissantes du commerce mais les avons intégrées dans cette sorte d’arche pour un rendu sur mesure faisant pendant aux bibliothèques du salon en vis-à-vis », explique Pierre.

Les propriétaires, qui apprécient les couleurs pastel, ont choisi ce léger céladon pour rehausser la tête de lit. Les étagères étaient existantes.

À gauche du lit, un vaste dressing, composé de cinq colonnes de rangement de 60 centimètres, abrite toutes les affaires du jeune couple. Le système de poignées des portes est l’un des dadas de nos jeunes architectes d’intérieur : « Une poignée, c’est d’abord un contact. Aussi nous aimons les faire fabriquer dans un matériau noble comme ce chêne massif. Leur dessin permet de les attraper sans regarder, au niveau que l’on désire. C’est un confort d’utilisation incomparable. »

Dans un petit renfoncement de la pièce a été logée une minuscule salle d’eau avec douche de 80 x 100 et petit meuble vasque en 60. Elle est séparée de la chambre par quelques tasseaux de chêne qui font écho aux pans de bois de la salle de bains principale. Pour un rendu scandinave, elle a été pavée de carreaux de faïence en 15 x 15. 

Comme nous le voyons sur ce plan, l’appartement est agencé sans aucune perte de place grâce à la simplification des volumes, à la différenciation des espaces et à la mise en valeur d’éléments de charme. 

Signature 

Agnès Carpentier pour Houzz

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