François Revillon Pixicity
Maison

Avant/Après : La rénovation écolo d’une maison en ruine

Visite guidée avec Foire de Paris et Houzz.fr 

Jean-François Revillon, architecte d’intérieur, sa femme Sophie, enseignante, et leurs deux fillettes Juliette et Marie habitaient en ville. Pour gagner en qualité de vie, ils ont cherché à proximité de Toulouse une maison de village à réhabiliter, « idéalement une ruine bon marché ». Les agents immobiliers ont eu beau leur dire que ce type de bien était introuvable, ils ont fini par mettre la main sur la maison de leurs rêves : une bâtisse du XIXᵉ siècle flanquée d’un chai en toulousaines, les briques de terre cuite typiques de la région. La propriété qui appartenait à des exploitants viticoles contenait encore les immenses cuves de stockage. Délaissée depuis trente ans, elle était en très mauvais état. D’autres auraient fui. Jean-François, en professionnel averti, et son épouse n’ont vu que le potentiel et ont signé avec les fils rouges de leur rénovation déjà en tête : profiter du plan en U des bâtiments pour jouer avec les vues, mettre en valeur les volumes de l’habitation et, enfin, transformer la ruine en maison confortable hiver comme été avec des matériaux sains et écologiques. Un vrai manifeste des coups de cœur architecturaux des propriétaires… 

Coup d’œil

Qui vit ici : un couple de quadragénaires et leurs fillettes de 5 et 4 ans

Emplacement : dans le centre d’un village à 10 km de Toulouse

Date d’achat : juillet 2014

Durée des travaux : 10 mois

Superficie : 155 m²

Architecte d’intérieur : Jean-François Revillon

Budget : 1 400 euros/m² TTC

Anecdote : Quand Sophie et Jean-François ont visité la maison pour la première fois, les toilettes étaient en fond de cour, il n’y avait pas d’eau courante mais un puits et aucun assainissement… Ce qui ne les a pas découragés. 

Photos Après : Pixcity

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AVANT : La façade arrière

Le bien acquis par le couple était vraiment en piteux état. Dans la partie « habitable » de la propriété d’origine, située sur la gauche de la photo, une portion de la toiture manquait et il pleuvait à l’intérieur. À droite, l’habitation était flanquée d’un vaste chai de 100 m², en briques foraines, lui aussi hors d’âge.

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APRÈS

L’idée de la rénovation a été de réunir les bâtiments en une seule habitation. Elle est désormais disposée en U autour d’un patio et donne sur un jardinet de 50 m².

« La superficie totale de 155 m² était un peu trop grande pour nos besoins et notre budget mais le plan en U des bâtiments nous a décidés », explique Jean-François Revillon. « Quand je rénove des lieux, je cherche toujours à multiplier les vues et les perspectives. J’ai trouvé dans ce plan un terrain de jeu idéal. »

Les travaux qui ont duré 10 mois ont été titanesques. La charpente a été entièrement déposée et rebâtie. Certains murs n’ont pas supporté le percement de larges fenêtres et ont dû être reconstruits…

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APRÈS : La façade avant

La façade avant, orientée ouest, longe la rue principale du village. L’architecte d’intérieur a limité à dessein les ouvertures de ce côté passant, afin de centrer la vie de la maison sur l’arrière. Les briques d’origine, retrouvées sous l’enduit, étaient en si mauvais état qu’elles ont dû être recouvertes par un bardage de douglas. « Il fait parler dans le village, ce qui est bien pour la promotion de mon métier car je pratique à domicile. Je vois l’architecture d’intérieur comme l’opportunité de personnaliser l’habitat et de rendre une maison spéciale, différente de celle du voisin. »

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AVANT :

D’une dimension de 100 m², le chai – que l’on voit ici après nettoyage des cuves de stockage des précédents exploitants viticoles – a été divisé en deux. Il comprend aujourd’hui un garage avec accès au jardin et une partie entrée, bureau du propriétaire et salon.

Pour isoler le garage du salon, une cloison en ossature bois et panneaux de fibres de bois a été construite. Plus largement, la bâtisse a bénéficié d’une nouvelle isolation haut de gamme et dans des matériaux respectueux de l’environnement. Ainsi, les murs de façade ont été isolés par l’intérieur avec 15 centimètres de béton de chanvre projeté. « Ces murs très épais ont une grande inertie qui limite le transfert de chaleur et de froid de l’extérieur vers l’intérieur. C’est un vrai gage de confort thermique pour la maison, notamment en été », détaille le propriétaire.

Quant au plafond, il a été isolé avec 28 centimètres de ouate de cellulose enfermée dans des caissons étanches afin que les fibres ne puissent s’échapper dans l’air intérieur. 

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APRÈS :

On entre dans la maison côté rue par une porte réalisée sur mesure par un menuisier local. Son bandeau vitré récupère la lumière de l’ouest. Les vestiges des anciens murs du chai, conservés bruts, ont été recouverts d’un badigeon de chaux blanche pour moderniser les briques traditionnelles. Le goût des propriétaires pour les matériaux bruts se manifeste également dans le mobilier, à l’instar de ce bas de vaisselier chiné il y a de nombreuses années aux Puces de Montreuil et décapé grossièrement.

À l’entrée, ce volume bleu pétrole, conçu en medium peint, délimite le bureau d’architecture du propriétaire. La cloison structurelle, qui se garde de rompre les volumes du plafond en n’allant pas jusqu’en haut, sert de vestiaire côté entrée et de casiers de rangement côté bureau. En face de ce volume s’ouvre la cuisine et, derrière, l’espace salon.

Aucune des pièces n’a de porte : « La maison a été conçue avec le moins de fermetures possible car j’aime circuler de façon fluide d’un espace à l’autre et cela permet aussi au regard d’aller plus loin », explique Jean-François.

Le choix du sol a été dicté par le budget global. Le couple souhaitait un poêle à bois pour chauffer la maison, mais difficile de faire circuler la chaleur dans un plan en U… Il s’est donc rabattu sur la solution d’un chauffage par le sol à eau chaude, alimenté par une chaudière à condensation. L’intégralité du rez-de-chaussée a été recouverte de tuyaux noyés dans une chape de béton. Le prix d’un très beau carrelage ne pouvant entrer dans le budget des propriétaires, ils ont simplement apposé sur le sol une résine alkyde-uréthane brillante.

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En entrant au salon, l’œil est immédiatement attiré par les volumes d’un plafond qui s’envole à 5 mètres sous le faîtage.

La couleur blonde du plafond n’est pas commune non plus : « On voit partout des plafonds plats et blancs. Les panneaux d’OSB permettaient de faire un plafond original à moindre coût », explique Jean-François Revillon. Un OSB spécial intérieur sans formaldéhyde a été employé pour rester dans la perspective des propriétaires d’employer des matériaux de rénovation sains.

Les ouvertures du salon, réalisées en double vitrage classique et encadrement aluminium, ont été placées de sorte à optimiser les vues sur le patio, la chambre des filles, la cuisine… Un jeu de vues permis par le plan en U qui plaisait tant au couple.

Au départ, le salon aux murs nus peinait à être chaleureux et les propriétaires lui préféraient la cuisine. À un angle de la pièce où le mur créait un décrochage, vestige des anciennes cuves de vinification, Jean-François a imaginé et réalisé lui-même cette bibliothèque sculpturale qui a changé l’ambiance. La composition a été fabriquée à partir de tubes de cuivre de plomberie, de tablettes de stratifié et d’un ancien caisson laqué Ikea.

La déco du salon est le fruit d’un travail de couple. Sophie a chiné le mobilier en rotin chez Emmaüs. Les lampes Pipistrello, les deux totems (chat et chien) ainsi que de nombreux éléments proviennent du magasin de déco toulousain Trentotto qu’ils affectionnent particulièrement. La lampe a été choisie par Jean-François pour son réflecteur projetant des ombres jaunes : « Le dégradé de jaunes et le noir et blanc sont les teintes sur lesquelles nous avons basé notre palette déco », décrypte Jean-François.

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La cuisine  s’est rapidement imposée comme l’aménagement idéal pour occuper la jonction entre les deux branches du U. « J’ai repensé aux bâtisses anciennes dans lesquelles la cuisine constituait la pièce centrale de la maison et il m’a paru intéressant de rendre hommage à cette tradition. »

Pour rendre la cuisine lumineuse et agréable, le mur côté jardin a été remplacé par une immense baie vitrée de 5 x 5 mètres, orientée est. La cuisine est devenue une véritable « tour de contrôle » de la maison. Tout en cuisinant face au jardin, on peut observer les filles jouer dans la cour par la baie vitrée, ou les apercevoir dans leur chambre, ou encore jeter un œil côté salon.

« Nous ne pensions pas que la cuisine deviendrait le lieu où nous passerions l’essentiel de notre temps. Même pour bouquiner ou quand les amis sont là, nous nous y réfugions souvent, plutôt que d’aller au salon », témoigne le propriétaire.

Les volumes agréables, la lumière et la vue de la pièce ainsi que le mobilier design en font en effet un espace où il fait bon vivre.

Question mobilier, la cuisine comprend un îlot de 3 x 1,10 mètre ainsi qu’un linéaire bas en stratifié mat. À l’arrière contrastent des colonnes en laque blanche brillante. Le propriétaire n’a pas souhaité prolonger l’îlot en table : « Nous avons préféré mixer une fois de plus le moderne et l’ancien. Nous avons opté pour une table et des chaises traditionnelles qui proviennent d’une église et que nous avons retapées. »

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Jean-François n’avait pas envie d’une chambre au plan classique. Il a décollé la tête de lit et l’a transformée en cloison vitrée pour délimiter l’espace chambre de la salle de bains.

Tout au fond de « l’aile nuit » se niche la chambre des fillettes, inséparables. Juliette, 5 ans, et Marie, 4 ans, disposent d’une vaste pièce de 20 m² donnant sur le jardin qui correspond à la pièce principale de la maison d’origine. La poutre repeinte en blanc en est d’ailleurs un témoignage.

En définitive, le propriétaire, en sa qualité d’habitant et d’architecte d’intérieur, estime que la maison est très agréable à vivre et peu coûteuse : 400 euros de gaz ont suffi pour chauffer la maison tout l’hiver. Son pari au niveau de l’isolation renforcée et d’une rénovation basée sur les règles de construction bioclimatique a été payant : lors du dernier épisode caniculaire de l’été, où la température est montée à 39° pendant trois jours, le thermomètre à l’intérieur n’a pas dépassé 24°.

Quant aux fillettes, la maison est pour elles un véritable paradis. Elles ont immédiatement adopté les vues communicantes et adorent se courir après d’un bout à l’autre de la bâtisse en se faisant de grands signes de chaque côté du U.

Agnès Carpentier pour Houzz

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Article précédemment publié sur Houzz 

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